Le GSVQ dans les médias

de 2003 à 2006

 

- 2006 -

§         Le Soleil du 9 juin 2006 : Non à l'abandon du protocole de Kyoto au Canada

§         Le Soleil du 15 novembre 2006: L'incontrôlable impulsion d'acheter   et  Des stratégies pour enrayer l'impulsion, intervieuw avec Danielle Deslauriers, animatrice du groupe de partage du GSVQ pour acheteurs compulsifs

§         LeSoleil du 20 décembre 2006: Un Noël de simplicité volontaire: des fêtes pas compliquées.

- 2003 et 2004 -

§         Le Soleil du 13 décembre 2003 : Un Noël fêté autrement

§         Le Soleil du 18 décembre 2003 : Pour des traversiers gratuits à Québec

§         Le Soleil du 22 avril 2004 : La gestion des déchets à Québec - Valoriser la récupération, mais pas par un écocentre

§         Le Soleil du 26 avril 2004 : Adeptes de la simplicité volontaires - Le mouvement doit se multiplier pour survivre (colloque 2004)

§         Le Soleil du 30 avril 2004 : Objectif collectif - la richesse ne donne pas le bonheur

§         Le Devoir du 3 août 2004 : Un projet insensé : le bouclier antimissile américain

 

- Textes -

 

 

Non à l'abandon du protocole de Kyoto au Canada

 

LeSoleil , Opinion du lecteur, 9 juin 2006

Connaissant les conséquences dévastatrices dues à l'augmentation des gaz à effet de serre (GES),  nous sommes révoltés de constater que le gouvernement conservateur ne compte pas respecter le protocole de Kyoto, signé par le précédent gouvernement. Même si chacun a un rôle individuel important à jouer dans la diminution des GES, il est du devoir du gouvernement d'instaurer des lois pour réduire les émissions des GES, comme le Canada s'y est engagé en 1997.

 

Dans notre société de profits et de consommation où le confort et l'individualisme sont si présents, des mesures radicales doivent être prises pour inciter et obliger les entreprises et les citoyens à adopter de nouveaux comportements face à un écosystème en changement brutal.

 

Diminuer les émissions des GES n'est pas utopique car certains pays d'Europe y sont parvenus, alors qu'attendons-nous ? A quoi sert de vouloir une croissance économique infinie si nous sacrifions l'avenir de nos enfants ? Nous demandons  donc à M. Harper d'agir pour une société plus durable.

 

 

Les 7 membres de l'Atelier d’introduction à la simplicité volontaire de Québec

François Beaudoin

Nathalie Chataignier

Dorothé Couture

Huguette Vaillancourt

Isabelle Robitaille

Alexandre Dumas

Pascal Grenier

 

 

 

L'incontrôlable impulsion d'acheter

 

Louise Lemieux

Le Soleil, Québec   15 novembre 2006,  page A-10

 Noël approche. Dans quelques semaines, les centres commerciaux seront pris d’assaut. Les acheteurs compulsifs s’en donneront à cœur joie. Peut-être même que leur trouble sera moins apparent. Mais à vrai dire, les acheteurs compulsifs n’ont pas besoin de Noël pour se ruer dans les magasins...

Quand François va au Dollorama, il est au septième ciel. Il fait le tour des rayons. Que c’est beau ! Que c’est mignon ! Que c’est donc pas cher ! Et hop ! dans son panier.

Tous ses proches savent que François est dépensier. Qu’il achète trop et pour rien. Il achète, c’est plus fort que lui. Surtout quand il est triste ou qu’il a une déception. Quand il revient à la maison, il se sent coupable. Pourquoi, encore une fois, avoir acheté toutes ces babioles inutiles ?

 « François achète pour ne pas sentir sa souffrance intérieure. Pas besoin de dépenser de gros montants pour être acheteur compulsif. C’est quand il y a un malaise avec les achats que ça devient problématique. D’ailleurs, François le dit lui-même : avant, il aimait ça acheter, maintenant, il n’est plus à l’aise avec ça », explique Danielle Deslauriers, thérapeute en relation d’aide pour le groupe de Simplicité volontaire de Québec.

 Chaque semaine, Mme Deslauriers réunit une demi-douzaine d’acheteurs et d’acheteuses compulsifs. Durant deux heures, ils parlent de leurs liens troubles avec la consommation. « C’est un groupe de partage. Ce n’est pas une thérapie, mais les rencontres sont thérapeutiques », fait Mme Deslauriers.

François fait partie du groupe.

« Notre groupe, c’est un espace d’accueil, où il n’y a pas de jugement. Les gens sont libres de parler ou de se taire. Mais c’est un moment pour eux de se déposer. Ce faisant, ils peuvent toucher à leur angoisse du j’ai loadé toutes mes cartes de crédit. Je suis là pour les accueillir. Notre groupe, c’est un endroit confidentiel, sécurisant, où tous les participants vivent le même problème », explique la thérapeute.

Ce qui revient le plus souvent, c’est la honte mêlée à un complexe d’infériorité. « Les gens du groupe se rendent compte qu’ils ont dépassé les bornes dans leurs achats. Mais le besoin d’acheter est plus fort qu’eux. J’ai confiance. Mes six participants, François y compris, vont cheminer, certains sortiront de leur malaise », promet Danielle Deslauriers.

En attendant, les hommes et les femmes de son groupe sont stressés, ils ont du mal à dormir, ils souffrent de maux d’estomac.

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Des stratégies pour enrayer l’impulsion

Louise Lemieux

Le Soleil, Québec  15 novembre page A-11

Pour se débarrasser de l’impulsion d’acheter, il faut en premier lieu trouver des stratégies pratiques et soigner le sentiment profond qui provoque cet élan incontrôlable.

« Dans un premier temps, il faut prendre conscience de ses impulsions. Qu’est-ce que j’ai toujours le goût d’acheter ? Pourquoi cette urgence d’acheter ? » explique le psychologue Claude Boutin. Écrire toutes les pensées qui portent à dépenser est un premier pas.

Par la suite, certaines stratégies peuvent aider à mater la pulsion irrésistible d’acheter : rencontrer un conseiller financier pour consolider ses dettes et planifier un budget, se débarrasser des cartes de crédit, annuler les abonnements, interdire les publicités dans la maison, éviter ses magasins favoris, développer d’autres intérêts, magasiner (quand il le faut) en compagnie d’un non-compulsif.

Dans un deuxième temps, l’acheteur devra comprendre les sentiments qui ont provoqué son trouble, s’en libérer, se ressourcer.

L’achat compulsif, comme les autres formes de troubles de l’impulsion, n’a pas toujours besoin d’un traitement psychologique, selon le psychologue Claude Boutin.

Le groupe de Simplicité volontaire de Québec a mis sur pied un groupe de partage (information : 660-3550). Danielle Deslauriers, thérapeute en relation d’aide, réunit chaque semaine une demi-douzaine d’acheteurs compulsifs, au centre Mgr-de-Laval à Beauport. Le coût de chaque rencontre est de 6 $.

Ce groupe de partage est le seul dans la région qui s’intéresse aux acheteurs compulsifs.

Mme Deslauriers a l’intention d’organiser un autre groupe fin janvier.

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Un Noël de simplicité volontaire : des fêtes pas compliquées

Francis Higgins

Le Soleil

Collaboration spéciale

Québec

 

Sous le sapin de Pascal Grenier, un adepte de la simplicité volontaire, on ne risque pas de trouver de PlayStation 3. Ça ne veut pourtant pas dire que sa famille et lui ne se gâtent pas pour Noël.

Cet ingénieur à la retraite a transformé sa vie il y a six ans. « J’ai changé ma façon de faire pour des raisons environnementales d’abord, mais j’ai découvert un nouvel équilibre de vie qui suscite une meilleure harmonie », explique l’homme de 61 ans. Il a vendu sa grande maison et sa deuxième voiture pour emménager dans une demeure plus modeste. Cette conversion lui a permis de dépenser moins, de travailler moins et de passer plus de temps en famille.

La période des Fêtes a été transformée radicalement pour les membres de la famille reconstituée de M. Grenier. Auparavant, ils dépensaient des centaines de dollars en présents. Désormais, ils se concentrent sur des « cadeaux significatifs ». « C’était du pur gaspillage ! On ne donne qu’un cadeau par personne, alors il doit être bien choisi. De préférence, on offre quelque chose d’usagé, acheté dans une boutique d’antiquités, ou un bel objet trouvé chez soi », dit-il.

 Il fait souvent cadeau de son temps : prendre un instant pour cuisiner des mets pour d’autres, ou réserver un moment pour une activité avec un ami ou un parent. Ses idées préférées : remettre à son enfant un livre contenant ses recettes favorites ou encore prendre du temps pour lui apprendre à bien investir son argent.

Simple mais pas austère

Et pour les repas de Noël, c’est la formule du pot luck qui prévaut : chacun apporte une partie du repas.

Cependant, simplicité ne veut pas dire austérité. Chez les Grenier, on décore sans se gêner, mais toujours avec le souci d’une consommation responsable. Ainsi, Pascal Grenier a acheté des sapins sauvages pour orner l’avant de sa maison. Ceux-ci ont l’avantage d’avoir été « élevés » dans la région, sans recours aux pesticides. Donc, moins de pollution !

Cyberpresse : mardi 19 décembre 2006  

LeSoleil (copie papier) : mercredi 20 décembre 2006

 

- 2003 et 2004 -

 

 

Le Soleil
Zoom, samedi 13 décembre 2003, p. D1

Noël:
Fêter autrement, simplement !

Lanthier, Manon

Nous abordons le dernier droit avant Noël. Et la liste des tâches à faire n'en finit plus de s'allonger, tout comme la liste des cadeaux à dénicher ! Il est pourtant possible de s'en sortir sans y laisser sa raison, ni son compte en banque. Il y a également moyen de vivre cette période de réjouissances avec une tout autre approche. LE SOLEIL publie aujourd'hui le troisième et dernier texte de sa série visant à vous proposer des pistes et des trucs pour profiter pleinement de cette période de réjouissances.

Un Noël simple, c'est possible. Il suffit d'en avoir la volonté ou plutôt... la simplicité volontaire !

Inutile de courir chercher vos bas de laine et vos sandales. La simplicité volontaire ne réside pas dans le granola et le macramé. Elle n'est pas non plus synonyme de privation et d'autarcie sur une terre reculée de campagne. La simplicité volontaire, c'est avant tout la recherche de l'équilibre. Équilibre entre désirs et besoins réels, entre travail, loisirs et famille, entre les riches et les pauvres.

C'est un mode de vie qui a sûrement autant de définitions qu'il a d'adeptes. Pascal Grenier est le responsable du Groupe de simplicité volontaire de Québec, fondé en 2001, et qui compte maintenant plus de 400 membres dans la région. Sa maison est coquette, peinte en bleu avec des pierres des champs, tout près de la grande côte de Beauport. Rien qui annonce un mode de vie différent. Un abri d'auto, une voiture... À l'intérieur, les planchers ne sont pas en terre battue, mais en tuiles de céramique et en bois.

"On associe la simplicité volontaire à la pauvreté, au dénuement excessif", dit-il. Il n'en est rien. Il faut avant tout éviter la surconsommation. "C'est une recherche de la juste mesure, explique M. Grenier. Il faut satisfaire nos besoins raisonnables plutôt que consommer selon nos moyens. Ce qui est raisonnable pour moi, n'est pas la même chose pour toi. Moi, j'aime le vin, mais je ne voyage pas en avion parce que je trouve que c'est trop polluant."

Acheter usagé ou équitable

C'est bien beau tout ça, mais comment apprêter la simplicité volontaire à la sauce Noël ? "Le temps des Fêtes est l'illustration de la consommation. Tout ce qu'on pense à acheter comme cadeau, c'est un objet neuf, qu'on emballe dans du beau papier neuf, déplore Pascal Grenier. On ne pense pas à donner de l'usagé, du temps, un service. On veut donner de belles choses pour montrer nos sentiments. On axe sur la consommation à outrance."

Donner des objets usagés, ça ne veut pas dire se débarrasser de ses vieilles affaires. L'an dernier, Pascal Grenier et sa conjointe, Monique Tardif, n'ont rien acheté de neuf à leurs enfants respectifs. David a reçu une caméra vidéo, Guillaume, une trompette, les autres, des antiquités dénichées lors d'un encan, en novembre.

Cette année, le couple se tourne vers le commerce équitable. Tant qu'à acheter neuf, au moins, leur consommation aura un impact social. "C'est la voie privilégiée pour le développement des pays en sous-développement. On donne un juste prix pour le même travail et les mêmes produits, soutient l'ancien ingénieur du ministère de l'Environnement. Ça doit passer par là."

Et la gamme des produits équitables est plus variée que le café ou le chocolat. "Nous sommes allées à la boutique Équimonde, raconte-t-il. On a fait nos emplettes de Noël là. Ce n'est pas grand, mais on n'est pas parti avec des idées de cadeau en tête. On s'est dit, on va voir à la boutique ce qui pourrait intéresser les enfants. Une fois, on a acheté pour 150 $ !"

Emballages et décorations

Et ils n'emballeront pas leurs présents dans des papiers métalliques, mais plutôt dans du papier recyclé ou des sacs cadeaux récupérables. "On peut aussi utiliser les emballages de feuilles pour les photocopieurs que les enfants colorient ou les pages de bandes dessinées dans le journal."

La simplicité volontaire s'applique aussi aux décorations. Il n'y a pas de gros bonhomme de neige en toile muni d'un système de soufflerie et d'une lumière devant la maison des Grenier-Tardif. "On récupère les décorations des années passées, on ne suit pas la mode, affirme M. Grenier. Je n'ai pas de sapin en fibre optique. Quand j'ai vu ça, je me suis dit : v'la les nouvelles technologies dans les arbres de Noël ! C'est comme les glaçons de lumières, là tout le monde en a et ça va être remplacé par autre chose l'année prochaine ou dans deux ans."

Pour le fameux sapin de Noël, le Groupe de simplicité volontaire a établi une entente avec un producteur agricole de l'île d'Orléans. Les familles peuvent couper leur arbre sur sa terre au coût de 12 dollars : "Ça évite d'acheter des arbres qui ont été cultivés avec plein de pesticides, d'insecticides et d'engrais chimiques pour avoir la forme parfaite." Et ça permet de créer de beaux souvenirs !

D'autres façons de fêter autrement

Vous avez plutôt le coeur à dépoussiérer les traditions de Noël cette année ? Il y a plusieurs façons d'y arriver.

Côté changement, un Noël sous les palmiers est nécessairement le dépaysement par excellence. Si le sud est à la portée de votre bourse, les destinations les plus courues sont la République dominicaine, le Mexique et Cuba. Mais cette option n'est pas très tendance dans la capitale : "Noël n'a jamais été notre plus grand vendeur, explique Johanne Tétrault de l'agence de voyages Laurier Du Vallon. Les gens de Québec sont des gens qui fêtent en famille." Certains vont plutôt recréer le sud à petit prix dans le salon familial : même la dinde aura un autre goût en bermudas sur une chaise de plage, alors qu'il fait - 40°C dehors.

La bouffe est souvent l'élément clé de toutes les réceptions. Ce n'est pas pour rien que les inscriptions au gym et aux groupes d'amincissement montent en flèche en janvier ! La table peut donc devenir scène de changement, si le ragoût de pattes cède sa place à un mets traditionnel d'une autre communauté ethnique. Internet regorge d'exemples de traditions polonaises, espagnoles, mexicaines... À la Guadeloupe, c'est le cochon qui occupe le centre de la table, au Portugal, la morue, la raie et les beignets de citrouille. Il y a en a pour tous les goûts, à vous de donner un air exotique à la fête.

Même seul, il y a moyen de souligner Noël dans la joie. Certains bars organisent des réveillons pour les personnes seules. Pas envie de sortir ? Depuis sept ans il y a un chat-o-thon dans Internet qui permet de jaser avec des gens de partout. Pour s'inscrire à ce marathon de clavardage, il suffit de se rendre à l'adresse psychomedia.qc.ca.

Une bonne façon de partager l'esprit de réjouissance des Fêtes est de donner de son temps. Ça peut sembler moralisateur, mais faire du bien, ça fait du bien ! Les occasions de s'adonner au bénévolat sont nombreuses : l'Opération Nez rouge (www.operationnezrouge.com ou 653-1492) a toujours besoin de renfort la veille et le jour de Noël, plusieurs paroisses organisent des activités, tout comme les refuges pour sans-abri et organismes de charité. Il suffit de se renseigner, la main tendue sera vite saisie !

Trop plein de béton et ras-le-bol du rythme de vie effréné de la ville ? Prenez le chemin des bois. De plus en plus de familles décident de louer un chalet dans une pourvoirie et de profiter des activités de plein air qu'elles offrent : ça creuse l'appétit pour la bûche de Noël ! Il y a plusieurs endroits où s'évader à proximité de la région. Décrochage garanti !

Quelques adresses :

Groupe de simplicité volontaire de Québec, (pour se procurer la brochure ou pour informations) : 660-5579 ou de préférence par courriel à moncot@oricom.ca.

Produits équitables :

Boutique Équimonde, 365, Boul. Charest Est, 647-5853

Plan Nagua, 2350, Av. du Colisée, 521-2250

La Brûlerie de Café de Québec, 575, rue St-Jean, 529-4769

Produits récupérés :

Bouquinerie Trait d'union, Place Fleur de Lys, 682-8888

La Commode, 1500, av. D'estimauville, 660-6000

La P'tite Fabrique, 3275, ch. Royal, Beauport, 660-7086

Réseau des ressourceries du Québec (pour identifier la plus près de chez vous), (514) 875-5869

Recyc-Québec tient une liste d'autres commerces qui offrent de tels produits, 643-0394

Plein air :

Fédération des pourvoiries du Québec, 1-800-567-9009. (Leur brochure est en vente dans les magasins Canadian Tire et Wal-Mart au coût de 3,95 $)

Forêt Montmorency, 846-2046 ou www.sbf.ulaval.ca/fm

Parc national de la Jacques-Cartier, 528-8787

Tourisme Québec, 1-877-266-5687

Autocueillette des arbres de Noël :

M. Marc-André Paquet, 2470, ch. Royal, St-Pierre, île d'Orléans, 828-9981

 

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Le Soleil
Éditorial, jeudi 18 décembre 2003, p. A18

Pour des traversiers gratuits

Grenier, Pascal

Les traversiers Québec-Lévis sont désertés. La semaine dernière, à la traversée de 22 h, il n'y avait que trois autos qui arrivaient et quatre qui partaient. À 17 h, soit à l'heure de pointe, à peine 25 autos, pour un traversier qui peut en contenir 55. Un téléphone à la Société des traversiers révèle que la moyenne d'utilisation est de 13 autos par traversée. Tout ce matériel et tout ce personnel pour si peu d'efficacité, cela choque mes principes de simplicité volontaire et de contribuable.

Alors, voici quelques idées susceptibles d'améliorer la situation. D'abord, pourquoi ne pas rendre ce service gratuit ? Actuellement, il en coûte 5.10 $ pour une auto et son conducteur. L'argent récolté auprès des usagers ne représente que 30 % (2,5 M $/an) des coûts de gestion et d'entretien de ce système. De plus, ces coûts ne représentent pas complètement la réalité, car la construction d'un nouveau traversier (et il en faut deux) coûterait aujourd'hui 35 millions $.

La gratuité du service amènerait sûrement comme bénéfice un accroissement de l'achalandage, une augmentation des échanges entre les deux rives, une réduction significative des dépenses des gens devant traverser régulièrement, une réduction du gaspillage de pétrole et de la pollution des gens qui choisissent actuellement de "faire le tour par les ponts". Nos gouvernements, cherchant des façons de réduire l'effet de serre à bon compte, pourraient y trouver là une façon facile et économique de le faire.

Bien sûr, nous nous posons tous la question : comment se paiera le trou de 2.5 M $/an ? On pourrait d'abord réduire, dès maintenant, les postes de péage à l'entrée et de la personne qui recueille les billets. En plus de réduire les coûts, on pourrait aussi accroître les revenus. Par exemple, on peut se demander : comment accroître les revenus et en même temps occuper utilement le temps des gens qui attendent en traversant ? Tout de suite on pense que, particulièrement pour tous ces travailleurs souvent pressés, ça pourrait être un moment idéal pour relaxer tout en mangeant.

On peut imaginer facilement que plusieurs personnes prendraient l'habitude de déjeuner ou encore liraient le journal en prenant un café, s'il y avait un restaurant à service rapide et à prix abordable à bord. Or, il y a quelques années, on a remplacé les restaurants par des machines distributrices. S'il y avait plus de monde, un restaurant pourrait devenir une source de revenu plutôt que de déficit. Actuellement, il passe 1 600 000 personnes/an sur les traversiers. Considérant une marge de profit de 40 à 50 % d'un tel type de restaurant, c'est donc un revenu de quelques millions $ qui serait un estimé raisonnable. On pourrait même explorer d'autres sources de revenu comme la négation d'entente d'aide à la réduction des gaz à effet de serre dans le cadre des engagements des gouvernements, à la suite du Protocole de Kyoto.

Voilà donc le fruit d'une courte réflexion. Toutefois, je suis persuadé qu'il y a possibilité d'améliorer la situation de façon importante en s'y penchant plus à fond. Chose certaine, le gaspillage actuel est tout à fait inacceptable. Est-ce possible qu'en mettant le service gratuit, ce soit plus rentable pour tout le monde ?

L'auteur est écologiste. Il habite Beauport

 

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Le Soleil
Opinions, jeudi 22 avril 2004, p. A17

La gestion des déchets :

Valoriser la réutilisation, mais pas par un écocentre

Le Groupe de simplicité volontaire de Québec (GSVQ) a formé un comité d’analyse du projet de plan de gestion des matières résiduelles (PGMR) de la Communauté métropolitaine de Québec (CMQ), dans le cadre de la consultation publique sur cette question. L’analyse détaillée sur le réemploi sera déposé prochainement à la commission de la CMQ.

Le réemploi permet de réduire considérablement les matières résiduelles tout en permettant de se procurer des biens à peu de frais. Il présente des forces : ainsi les gens ont pris l’habitude de donner leurs surplus à des organismes d’entraide et d’économie sociale et ces groupes sont nombreux dans le milieu. Les marchés aux puces, ventes de garage, les petites annonces ou de simples dons à un proche sont autant de réemplois. On peut faire des guenilles avec la literie usagée, réutiliser les sacs d’épicerie pour les ordures, congeler des aliments ou faire des semis dans des contenants vides, etc. C’est du réemploi.

Mais il comporte aussi des faiblesses, la principale étant le peu de dynamisme des ventes d’articles usagés. Beaucoup d’objets donnés aux organismes deviennent des déchets ou sont revendus à des compagnies qui n’en font pas toujours un usage optimal. Le peu d’intérêt des consommateurs pour les objets usagés est causé par le mépris pour les vieilles choses, la croyance que les magasins communautaires sont uniquement destinés aux pauvres, l’aspect rebutant de certains commerces, etc. De plus, ces organismes dépendent des subventions pour survivre. Le réseau est désorganisé et beaucoup d’organismes fonctionnent en vase clos. Finalement, beaucoup d’objets donnés sont fragiles et difficiles à conserver.

Dans son projet, la CMQ fait surtout état de deux propositions, soit la collecte des matières dans 11 écocentres et le programme général d’information et de sensibilisation. La centralisation de la collecte des articles destinés au réemploi dans les écocentres, puis la « réallocation » des objets aux organismes caritatifs par la suite, peut paraître à première vue séduisante pour ordonner les opérations. Toutefois, cette approche structurante est tout à fait déconnectée des besoins des organismes et elle manque de sens pratique. Même si des améliorations sont nécessaires pour la collecte des surplus domestiques, les organismes ne souhaitent pas cette façon de faire, qui introduirait un intermédiaire moins motivé pour manipuler ces objets disparates, sans emballage adéquat et souvent fragile : et qui hériterait de la bicyclette presque neuve ? du fauteuil déchiré ? Voilà un beau nid de discorde pour des organismes qui ont plutôt besoin de s’entraider ! De plus, les citoyens ne choisiraient plus l’organisme à qui ils donnent leurs surplus.

La proposition additionnelle de la CMQ, soit l’octroi de fonds pour le programme de sensibilisation, peut être approprié, mais il devra être orienté pour répondre à la principale problématique du réemploi, soit la dynamisation des ventes. Pour ce faire, la CMQ devrait se positionner clairement en faveur de ce type de commerce et, dans ses campagnes promotionnelles, en faire valoir les avantages (réduction des déchets et autres bénéfices pour l’environnement, économies pour les acheteurs, plus grandes possibilités de réparation des objets, achats locaux, encouragement des organismes humanitaires, etc.) L’allocation d’espace publicitaire gratuit dans les médias et sur les babillards dans les bâtiments des villes sont des moyens concrets à la portée des mandataires de la CMQ pour réaliser cet objectif.

La CMQ pourrait aider les organisations impliquées dans le réemploi en allouant une compensation financière correspondante aux coûts de gestion des matières résiduelles déviées de l’incinération, en fournissant des locaux (le recyclage de certaines églises, par exemple) et du matériel excédentaire des villes (meubles, ordinateurs, camions, etc.), par des exemptions de taxes, l’organisation de sessions de formation pour les gestionnaires et les employés des organismes, en favorisant la collaboration entre les acteurs, etc.

Le réemploi permet de grands espoirs dans la prévention des déchets, mais ce domaine est fragile, mal exploité et peu aidé dans la région de Québec. De plus, les orientations actuelles du projet de PGMR, et particulièrement celle des écocentres, ne concourra pas à améliorer la situation mais peut, de toute évidence, mener à sa détérioration.

Pascal Grenier, Sylvie Rouillard, Loriane Thibodeau et Danaé Lussier

Les auteurs sont membres du Comité de gestion des matières résiduelles du Groupe de simplicité volontaire de Québec

 

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Le Soleil
La Capitale et ses régions, lundi 26 avril 2004, p. A6

Adeptes de la simplicité volontaire
Le mouvement doit se multiplier pour survivre

Normandin, Pierre-André

La simplicité volontaire est à la croisée des chemins. S'il souhaite produire plus qu'un simple effet de mode, le Réseau québécois pour la simplicité volontaire doit quintupler le nombre de ses membres pour survivre. C'est du moins ce qu'avance celui qui a importé le concept des États-Unis en 1985, Serge Mongeau.

Regroupant à l'heure actuelle un peu plus de 200 personnes, les organismes qui en font la promotion au Québec devront en compter plus de 1000 d'ici deux ans pour assurer leur autonomie financière. Pour l'instant, ils sont tributaires des dons du public, une source de financement trop instable. L'enjeu est de taille selon M. Mongeau puisqu'il en va également de l'avenir de la planète. "On consomme présentement comme si nous avions deux Terre."

Selon ce résidant de l'île d'Orléans, les citoyens ne doivent rien attendre des gouvernements. "Le Protocole de Kyoto est un bon exemple. Les États-Unis ont refusé de le signer et rien n'a été fait depuis. Il ne faut pas attendre les solutions d'en haut." Même si Serge Mongeau a écrit son livre en 1985, la simplicité volontaire gagne en popularité seulement en 1998 alors qu'il réédite son ouvrage. "Je me sentais marginal au début. Mais l'idée a été beaucoup médiatisée et elle s'est répandue rapidement." Les organisations enseignant les bienfaits d'un mode de vie plus sain ont pullulé avec le temps, principalement dans la région de la capitale.

Un colloque sur la simplicité volontaire s'est d'ailleurs tenu cette fin de semaine à l'Université Laval où plus d'une centaine de personnes sont venues en apprendre davantage sur ce mode de vie. Cinq organismes de la région de Québec ont d'ailleurs exposé concrètement comment ils appliquaient cette idée.

"Si on reste isolés, ça ne donnera rien", dit Serge Mongeau, qui se réjouit du travail de ces groupes. Il croit néanmoins que plus de travail doit être fait pour éviter le pire. "Si nous sommes autant malades dans notre société, c'est à cause de notre trop grande consommation."

Selon M. Mongeau, l'obsession du matérialisme engendre des conséquences néfastes pour la santé. "On me parlait il y a quelques années que nous allions vivre dans une société du loisir. Au contraire, il faut travailler de plus en plus pour en profiter. Et comme on travaille, on n'en profite pas !"

PANormandin@lesoleil.comn

 

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La richesse ne donne pas le bonheur

 

 

Le Soleil
Opinions, mardi 30 avril 2004, p. A15

 

    Il y a un mois, M. Alain Dubuc, président et éditeur du SOLEIL, nous a fait sa démonstration, en page Opinions, de ce qu'il propose comme objectif collectif, soit : l'augmentation du niveau de vie et la création de richesse. Pour y arriver, il suggère une "révolution" dans les valeurs, les attitudes et les comportements, passant par une "réactualisation" du modèle québécois et ce qu'il appelle "une approche équilibrée" entre le développement économique et les objectifs sociaux, dont la clé est la valorisation de l'esprit d'entreprise.

Bien que nous ne valorisions pas la pauvreté, nous ne croyons pas qu'il soit souhaitable de se fixer comme principal objectif collectif, l'augmentation du niveau de vie et la création de la richesse, et ce pour trois raisons principales.

La première réside dans le fait que notre niveau de vie actuel n'est pas atteignable par l'ensemble des humains de la planète (il faudrait 4,7 planètes pour ce faire, selon les travaux sur l'empreinte écologique de 1999). De même, notre niveau de vie n'est pas soutenable à long terme car, même actuellement, dans bien des domaines, nous puisons dans le capital-nature plutôt que de ne prélever que les intérêts. N'a-t-on pas déjà surexploité, à maints endroits, les pêches, les forêts, l'agriculture, etc ?

La deuxième raison est que la richesse ne donne pas le bonheur. En effet, il est démontré, par de très nombreuses études, qu'au delà d'un niveau de vie permettant de satisfaire ses besoins de base et un peu plus, il n'y a pas de corrélation entre l'accroissement de richesse et bien-être des individus. Les milliardaires cupides sont-ils plus heureux? 

L'attitude entretenue, tant par les individus que les syndicats et les sociétés, de se comparer à plus riches que soi et vouloir avoir ce que les plus nantis ont, provoque une spirale inflationniste qui n'est pas saine à notre avis. Ne sommes-nous pas déjà une des sociétés les plus riches du monde ? Est-ce le manque de richesse ou le partage de celle-ci qui fait défaut ? Ne serions-nous pas matériellement insatiables ?

La troisième raison a trait à l'importance de maintenir les valeurs des Québécois principalement du côté humain plutôt que de les déplacer sur le plan prioritairement économique et matériel. Vous savez ce qui arrive, dans un couple, quand un des deux conjoints déplace sa priorité de l'amour de son partenaire et de ses enfants vers l'argent et le travail... L'esprit matérialiste n'a-t-il pas déjà suffisamment envahi les valeurs ?

Ne devrions-nous pas plutôt nous fixer comme objectif collectif, l'accroissement du BNP (Bonheur national brut) plutôt que l'augmentation du PNB ?

"L'urgence d'agir" doit être faite de juste mesure en toute chose, de recherche de simplicité, de modération, du respect de l'environnement physique et humain, de justice sociale, de priorité accordée à la famille et aux relations humaines et de place importante donnée à l'éthique, la morale et la spiritualité dans nos vies et dans nos sociétés.

Pascal Grenier, Roch Côté, Josée Grignon, Mario Denis, Georges Auger et Loriane Thibodeau

Les auteurs appartiennent à l'atelier d'introduction à la simplicité volontaire de Beauport.

 

 

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Un projet insensé

 

Le Devoir
ÉDITORIAL, mardi 3 août 2004, p. A6

Pascal  Grenier

Le gouvernement canadien s'apprête à appuyer les États-Unis dans leur projet insensé de bouclier antimissile.

Ce projet est, en bonne partie, une résultante des événements du 11 septembre 2001. Leur accorder notre appui, avec le projet de bouclier, c'est reconnaître le déni de responsabilité du gouvernement américain, avec sa politique étrangère inappropriée et ses corporations exploitant de nombreux peuples du tiers-monde.

Une réponse positive équivaudrait à faire entrer le Canada dans une logique de guerre et de développement de la militarisation extrême, soit jusque dans l'espace. Ce serait aussi endosser une attitude qui a quelque chose de paranoïaque. En plus d'hypothéquer les finances du Canada pour des années, ce projet réduirait les possibilités d'initiatives de paix constructives. Il serait, en effet, bien préférable de développer une approche de coopération, de collaboration, voire d'aide dans les pays vivant un sentiment d'injustice économique, sociale ou politique.

C'est ce genre de progrès que favorise le Groupe de simplicité volontaire de Québec, lequel est le meilleur gage de bonheur à moyen et à long terme pour les peuples de la Terre, y compris les Américains et nous.

Note: il n'y a pas d'argent ni de moyens techniques pour nous procurer un réel sentiment de sécurité si les autres nous haïssent.