Le GSVQ dans les médias
en 2008
|
1.
Publisacs : le GSVQ vide son sac Interview à Radio-Canada, Nouvelles,
2008-02-01: Publisacs
: le GSVQ vide son sac | Québec | Radio-Canada.ca Le
Groupe de simplicité volontaire de Québec propose de sonder la population
quant à
leur utilisation des publisacs. www.radio-canada.ca/regions/Quebec/2008/02/01/005-publisacs_GSVQ_n.shtml 2.
Questions à Mme Marois : richesse ou
simplicité ? Article paru
dans le journal de Québec(21-02- 2008), et dans Cyberpresse. Par Lorsque
nous avons lu vos propos dans un grand quotidien, dans lequel vous
mentionniez être « fatiguée d’un
Québec dominé par la productivité, la consommation de masse, la réussite liée
au fric et aux biens de consommation et que ceci avait éclipsé les autres
valeurs et dimensions de la vie », nous n’en croyons pas nos yeux.
Une politicienne, aspirante première ministre de surcroît, qui s’élève contre
le penchant très matérialiste de notre société, a-t-on déjà vu ça au Québec ? Vous qui aviez fait les manchettes
cet automne avec votre résidence-manoir, vous nous étonnez aujourd’hui. Quand
vous ajoutez : « le fric, ce
n’est pas ça la réussite pour moi » devons-nous comprendre que la
richesse n’occupe pas la première place dans vos valeurs, malgré l’opulence
de votre maison ? Cependant, lors de votre passage à la Chambre de
commerce du Montréal métropolitain, il semble, selon Alain Dubuc, que vous
ayez fait la promotion de la création de la richesse. À quelle enseigne
logez-vous exactement ? Par ailleurs, quand vous mentionnez que « l’éducation devrait contribuer à la mise en place d’une société plus
égalitaire, plus respectueuse des différences, une société qui saurait
davantage mettre l’accent sur le savoir-être que sur l’avoir », vous
êtes tout à fait dans l’approche de la simplicité volontaire et nous voulons
vous en féliciter. Vous ajoutez enfin que « La vie, ça ne devrait pas être une course
aux profits, à la productivité et à la consommation ; j’espère que, dans
l’avenir, l’on va essayer de tempérer ça un petit peu ». Il vous
reste maintenant de passer de la parole à l’action pour concrétiser ces
belles valeurs. simplicitaires
(adeptes de la simplicité volontaire) Québec ------------------------ 3.
L’humanité dans un cul-de-sac Article paru dans
le Journal de Montréal, mars 2008 C’est en 1970 qu’a été lancé le premier cri d’alarme « Halte à la
croissance ! » par un groupe de penseurs et de scientifiques
« le Club de Rome ». Depuis ce temps, les choses n’ont cessées
d’empirer. Épuisement des ressources marines, appauvrissement des terres
agricoles, destruction du potentiel forestier, rabaissement des nappes
phréatiques, déstabilisation du climat, etc. En résumé des signes indéniables
que les ressources s’épuisent et que l’équilibre terrestre se détériore. Tout
ça dans un contexte où la croissance se poursuit à un rythme effréné et où la
population mondiale est en forte augmentation. Quelqu’un comparait la
situation à un bolide qui fonce à toute allure vers un précipice ou un mur de
béton. Un signe d’espoir, les dernières
enquêtes démontrent que les gens considèrent les problèmes environnementaux
comme les plus importants. Toutefois, le passage à l’action en Amérique du
Nord ne se fait pas vraiment. Les maisons et les autos sont de plus en plus
grosses, on prend l’avion comme jamais et la publicité n’a de cesse de nous
inciter à consommer toujours davantage. Bien qu’il y ait plus de personnes
qui posent des gestes comme le recyclage, le compostage, l’utilisation des
sacs réutilisables, etc., ces petites actions ne font pas le poids devant
l’importance des problèmes et l’urgence de Alors qu’une réduction importante de
la consommation des pays riches apparait comme la seule solution possible à
la problématique environnementale, les effets de cette décroissance
entraîneraient une récession qui est honnie par tous les économistes.
D’ailleurs les gens en général n’en veulent pas non plus et aucun parti
politique, sauf en France, n’envisage une telle approche dans son programme.
La décroissance est considérée comme « un suicide politique ». Pendant ce temps la publicité nous
martèle : « La belle vie : j’veux pas que ça s’arrête ! ».
Quelqu’un a-t-il une solution ??? Groupe de simplicité
volontaire de Québec ----------------------- 4. Le monde serait-il en train
de changer ? Article
paru dans le journal de Québec (édition du 9 juin 2008), et
dans le journal Métro.com de Montréal) http://www.journalmetro.com/Montreal/Edition, édition du jeudi 12 juin, page 38. Depuis un certain nombre de mois, quelques changements d’importance se
déroulent à l’échelle de la planète, laissant croire à un début de virage
dans le bon sens pour l’avenir de l’humanité. Ces changements peuvent, à
première vue, paraître de mauvaises nouvelles mais cachent souvent des
progrès sur le plan écologique. Augmentation du prix du pétrole L’augmentation importante du prix du
pétrole depuis quelques années commencent à donner des fruits
écologiques : · La vente des 4X4 et des VUS ont
diminués de 30% aux Etats-Unis, ce qui amène les compagnies à revoir la
production automobile et l’orienter vers les voitures compactes et peu
consommatrices d’essence. · Le monde du trafic aérien est
en crise. Les compagnies annoncent des pertes sensationnelles, ce qui présage
l’augmentation du coût des billets et par conséquent la réduction des voyages
en avion. Certaines compagnies ont déjà décidé de réduire leur flotte. · Le coût du transport en général
ayant augmenté, la circulation des marchandises à l’échelle de la planète
commence à rencontrer des difficultés. C’est un premier signe du
fléchissement du mouvement de mondialisation. Crise alimentaire La crise alimentaire est dramatique
puisqu’elle fragilise la survie même de centaines de millions de personnes
dans les pays sous-développés. Toutefois, cette situation a entraîné un
revirement important de politique des grands acteurs internationaux (ONU,
Banque Mondiale, Fonds Monétaire International) qui envisagent maintenant la
promotion de l’agriculture vivrière (soit des productions agricoles pour
consommation locales) plutôt que les cultures de produits d’exportation tel
que promus lors de la vague des ajustements dits structurels. Biocarburants La production d’éthanol à partir de maïs et autres produits agricoles
a provoqué des augmentations de prix des aliments et une contestation à
grande échelle qui ne pourra laisser les gouvernements indifférents. On a
même entendu que cette production était « un crime contre
l’humanité ». Voilà donc quelques éléments de
l’actualité qui laissent croire à un monde en changements favorables sur le
plan environnemental. Peut-être notera-t-on bientôt une réduction de
l’émission de GES et d’autres progrès écologiques. Pascal Grenier, administrateur, Réseau
Québécois pour président du Groupe de
simplicité volontaire de Québec ---------------------- 5. L’auto
électrique: miracle technologique ou mirage écologique ? Article paru le 17 juin 2008 sur Cyberpresse et 19 juin dans le
Soleil. Et dans Le Devoir, 20 juin http://www.ledevoir.com/2008/06/20/194793.html
Pascal
Grenier On
parle beaucoup actuellement du développement des autos électriques afin de
constituer une solution à moyen terme aux pénuries de pétrole appréhendées.
Voyons ici l’autre volet, soit l'auto électrique comme une solution d’avenir
permettant de régler certains problèmes écologiques et particulièrement celui
de la pollution de l’air. Sommes-nous devant un mirage écologique? S’il
est assez évident que les véhicules électriques peuvent être efficaces pour
réduire la pollution (smog) dans les centres-villes, au niveau atmosphérique
plus global, les résultats positifs sont beaucoup plus douteux. En fait,
l'électricité nécessaire à ces véhicules devra provenir de certaines sources
d'énergie, dont les moins dispendieuses et les plus abondantes dans le monde
sont le charbon, et le nucléaire. Celles-ci sont toutefois, soit très
polluantes ou très dangereuses. Nous sommes privilégiés et un cas presque
unique, ici au Québec, avec notre abondance d'hydroélectricité, que l'on dit
propre-propre.
--------------------- 6. Le tourisme spatial : une aberration écologique
Le Devoir, 27 juillet; Le Soleil, 29
juillet À ce jour, cinq
personnes ont fait du tourisme spatial associé à des sorties pour fins
scientifiques. Ces voyages dans l'espace coûtaient 20 M $ à leurs
milliardaires excentriques. On nous annonce pour 2010 du tourisme spatial à
200 000$ le billet, puis une autre phase ultérieure plus démocratique à 30
000$. Plusieurs entreprises se sont lancées dans cette course insensée.
Ainsi, l'agence « Space Adventures » a déjà reçu les réservations de 40 000
personnes pour un voyage dans l'espace. Pourtant
le tourisme spatial est une aberration écologique. En effet, même si je n'ai
trouvé sur aucun site des statistiques sur la consommation de carburant et la
pollution engendrée par ces vols dans l'espace, il est évident que c'est
énorme. Comment peut-on imaginer un tel manque de responsabilité environnementale
de la part de ceux qui développent et ceux qui utilisent ou veulent utiliser
ce genre de transport? Devant
une situation écologique mondiale qui fait l'objet des pires pronostics,
n'est-il pas temps de mettre fin à ce genre de projet complètement déconnecté
de la réalité environnementale? La capacité technique et les moyens
financiers de faire quelque chose nécessitent-t-elles vraiment qu'on le
fasse? Gaspillage de
ressources À
l'heure où de plus en plus de gens pensent à acheter local et à utiliser le
moins possible l'avion, comment peut-on envisager que des gens, pour des
seules fins de divertissement, se rendent dans l'espace, avec un coût
environnemental extrêmement élevé? Les quelques minutes de vie en apesanteur
valent-elles vraiment ce gaspillage de ressources et cette pollution? Les
simplicitaires trouvent déplorable ce genre d'activité qui accentue le
clivage social entre les riches et les moins nantis et qui a des conséquences
écologiques négatives hors de proportion. Les sommes inouïes ainsi
volatilisées pourraient servir à des causes beaucoup plus nobles. C'est aussi
une belle occasion pour nos gouvernements de se rendre compte que certaines
gens ont des argents qui pourraient être mieux redistribués par leur
entremise. Enfin, il faut prendre conscience que certaines activités
économiques n'ont rien d'un réel progrès. Pascal Grenier, administrateur Réseau Québécois pour la Simplicité Volontaire --------------------- 7.
Des panneaux-réclames de trop
LeSoleil, publié le 27 octobre 2008 (Lettre
envoyée au conseil municipal de Québec) Le conseil d’administration du Groupe de
simplicité volontaire de Québec (GSVQ) désire vous manifester son total appui
dans le dossier visant la disparition des panneaux-réclames le long des
routes de la ville de Québec. Vous
justifiez votre décision pour des raisons d’esthétisme et c’est tout à fait
vrai que ces enseignes grands formats sont une réelle pollution visuelle, qui
dégrade plusieurs de nos beaux paysages. On pourrait dire aussi que c’est un
objet de distraction de plus pour les conducteurs(trices) et, par conséquent,
un risque d’accident supplémentaire. La
disparition de ces 158 enseignes géantes produira une réduction significative
de l’exposition à la publicité. Ceci n’a rien de négatif, à notre point de
vue, puisqu’il est reconnu que le
paysage publicitaire est considérablement sursaturé G. Hofmann,
Université Orlando. En effet, selon plusieurs études étatsuniennes, les
gens sont exposés à entre 2 500 et 5 000 messages publicitaires
quotidiennement. Ceci entraine certaines personnes dans des comportements de
surconsommation aux nombreux effets négatifs sur l’environnement, la santé et
l’équilibre même des personnes et de leur famille Finalement,
on ne peut passer sous silence ces panneaux-réclames de mauvais goût, comme
ceux de En
toute simplicité, Pascal
Grenier, resp. pour le conseil d’administration Groupe
de simplicité volontaire de Québec 8. Les
appareils irréparables, quel gaspillage!
Le Soleil, dimanche 16 novembre 2008, p. 33
|
|
|
Marc Allard , journaliste au Soleil (Interview lors de la journée sans
achat) Publié dans le Soleil du 29 novembre et sur
Cyberpresse |
Des membres du Groupe de simplicité volontaire de
Québec ont distribué une liste de présents qui ne coûtent rien, ou presque.
Le Groupe de simplicité
volontaire de Québec a une suggestion pour ceux qui craignent que les cadeaux
de Noël offerts se trouvent vite au placard : ne pas en acheter.
Pour souligner la Journée
internationale sans achats, des membres du regroupement ont distribué hier au
centre-ville de Québec une liste de présents qui ne coûtent rien, ou presque.
Celle-ci propose, entre autres,
des «cadeaux de temps», comme un repas aux chandelles et un massage. Ou
encore des «cadeaux d'expérience», par exemple en transmettant ses
connaissances en cuisine, en menuiserie ou en musique.
«Notre idée, c'est de diminuer
la surconsommation», explique le président du Groupe de simplicité volontaire
de Québec (GSVQ), Pascal Grenier. «Je regarde les gens, et ils disent : ?On a
de l'ouvrage.? Oui, on a de l'ouvrage, mais il faut commencer quelque part.»
Selon lui, les cadeaux peuvent constituer un bon point de départ.
Le GSVQ encourage aussi à offrir
des «cadeaux budget zéro», comme des objets personnels ou des livres déjà
lus. Sans oublier les cadeaux faits à la main, par exemple des calendriers
familiaux, des enregistrements audio ou vidéo ou des recueils de recettes.
La coordonnatrice du GSVQ,
Monique Côté, souligne que ces présents plus personnels sont davantage
appréciés par ceux qui les reçoivent. Et ils permettent de freiner le cycle
de la consommation.
«Les producteurs de bébelles
créent des besoins continuellement et obligent les gens (...) à consommer,
dit-elle. Maintenant, si tu as un lecteur de cassettes VHS et que tu vas dans
un club vidéo, tu trouves juste des DVD. Donc, l'appareil que tu as à la
maison, il n'est plus bon. Il y a une pression énorme, autant sur le
(portefeuille du) citoyen que sur l'environnement.»
---------------------
10. Débat sur l'environnement:
les libéraux brillent par leur absence
Nadia
Ross, LeSoleil
Publié
le 1er décembre 2008
À l'occasion de la
campagne électorale provinciale, le Groupe de simplicité volontaire de Québec
(GSVQ) a organisé un débat sur l'environnement, hier. À la table d'honneur,
six chaises avaient été installées pour les représentants des cinq partis et
pour une médiatrice. Dans la grande salle du Centre culture et environnement
Frédérick-Back, un seul siège n'était pas occupé, celui des libéraux.
«J'ai contacté le
parti à plusieurs reprises pour les inviter. Mais il semble que les libéraux
ne veulent pas parler d'environnement car personne ne pouvait se libérer pour
participer au débat», a relaté Benoît Grenier, un des organisateurs de
l'événement, se plaignant du manque d'engagement des partis sur les questions
d'écologie.Le sujet n'est d'ailleurs pas suffisamment soulevé dans cette
campagne, a noté Pascal Grenier, président du GSVQ lors de son mot de
bienvenue. «Et il n'y a eu aucune question reliée à l'écologie dans le débat
des chefs», a-t-il rappelé.
Ce qui était tout le
contraire lors des élections fédérales. «Le rôle qu'a joué le gouvernement
Harper par rapport au Protocole de Kyoto était tellement rétrograde que ça
devenait payant pour à peu près tous les partis de parler des enjeux
écologiques, a commenté Serge Roy de Québec solidaire. Au Québec, M. Charest
a décidé de déclencher les élections sous le faux prétexte qui fallait gérer
la crise économique; il a donc mis la table sur des enjeux qui ne touchent
pas beaucoup à l'écologie.»
Propositions
Pourtant, tous les
autres partis ont été aptes à présenter des propositions en matière
d'environnement. Des investissements massifs dans les transports en commun
aux promesses de soutien au développement des énergies propres, chacun avait
préparé son énoncé vert.
Le PQ, représenté
par l'ancien journaliste environnemental de Québec Hebdo et candidat dans
Vanier, Éric Boucher, veut investir 30 millions $ dans le réseau de transport
en commun de la ville de Québec pour diminuer les émissions de gaz à effet de
serre.
Un sujet qui a
trouvé son écho chez le syndicaliste, militant et candidat de Québec
solidaire dans Taschereau, Serge Roy. De son côté, il prône le développement
du projet de tramway et de celui d'un train de banlieue pour désengorger le
centre-ville. Aussi, son parti propose que le projet d'Écolobus s'étende dans
les quartiers mal desservis par les autobus et que le service de traversier
devienne gratuit pour les piétons.
Quant à l'ADQ, le
conseiller en matière de santé au cabinet de Mario Dumont et candidat dans
Jean-Talon, Martin Briand, s'est démarqué avec le plan de son parti au sujet
de la gestion de l'eau. À l'instar d'importants investissements dans les
infrastructures déjà en place, il dit que son parti s'engage à protéger les
milieux humides et les bassins versants de la région. «L'ADQ est pour la
redevance et croit que l'eau devrait être considérée comme un patrimoine
commun», a-t-il dit.
Enfin,
l'agriculteur, spécialiste en aménagement et gestion de la faune et candidat
dans Montmorency Jacques Legros parlait pour le Parti vert. Pour lui, la
réponse à la crise environnementale doit passer par une décentralisation des
financements, par une remise en question des modes de vie et par la stimulation
de l'économie locale avec, entre autres, l'agriculture de proximité et le
soutien aux petites entreprises.
Devant un auditoire
d'une quinzaine de personnes, les participants ont également échangé sur
l'étalement urbain, la gestion des matières résiduelles et sur le projet
Rabaska. Le tout dans une ambiance de courtoisie, loin d'un débat enflammé.
---------------------
11. L'industrie
du vêtement recyclé: du neuf? Non merci!
Interview
avec Sonia Matte et Pascal Grenier par Baptiste Ricard-Châtelain.
Article paru le 23 décembre 2008
sur Cyberpresse et dans le Soleil .
Baptiste Ricard-Châtelain
Le Soleil, 23
décembre 2008
(Québec) «S'ils
veulent continuer à engloutir leur salaire dans leurs vêtements, ça les
regarde!»
Sonia Matte a un bon
emploi à la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST).
Pourtant, elle a choisi de s'habiller avec les vêtements dont nous nous
dépouillons.
«Ça n'a rien à voir
avec mon salaire, c'est parce que j'ai décidé de moins consommer (...) C'est
vraiment une philosophie de vie, explique-t-elle. Ce n'est pas parce que je
n'ai pas les sous, c'est parce que je trouve que ça n'a pas d'allure de payer
300 $ pour un costume neuf!»
La résidante de Québec
éprouve un plaisir certain à chercher les perles vestimentaires dans les
boutiques offrant des vêtements usagés; c'est une chasse aux trésors,
illustre-t-elle. «Je trouve de très beaux morceaux à prix dérisoire.»
Ce magasinage parallèle
lui permet, en plus, de faire un pied de nez bien senti à l'industrie : «Il
n'y a pas un manufacturier qui va m'obliger à porter ce qu'il a décidé qui
est à la mode!»
L'appel des vêtements
neufs est néanmoins parfois trop fort... Sonia Matte n'a pas déniché les
bottes d'hiver désirées, elle s'est donc offert une virée chez un marchand
local, en quête d'un «produit québécois de qualité et durable».
Au fait, qu'en pensent
vos collègues, votre entourage? Mme Matte convient que les escapades dans
les friperies, que les vêtements usagés, rebutent d'aucuns. «Il ne faut
vraiment pas avoir d'orgueil mal placé.»
Changement de
mentalité
Copropriétaire de la
friperie Boomerang, sise boulevard de l'Ormière, Monique Maltais observe un
changement dans les mentalités. «C'est plus qu'une mode, la récupération
vestimentaire. On est rendu à cette étape-là dans notre société.»
Ses clients? «Ce sont
des gens qui ont le goût de faire autre chose avec leur argent.» Une habituée
habille ses trois enfants deux fois l'an à la friperie. Et garde ses billets
pour voyager, pour les sports, les loisirs, assure-t-elle.
Pas de guenilles ici.
Tous les vêtements sont déposés dans un bac, à l'avant du commerce, par les
résidants du coin. Un gros bac de métal rempli tous les jours.
Mme Maltais nous offre
une visite guidée. Manteau d'un magasin réputé, vêtements pour enfants en
quantité, quelques jouets... et beaucoup de vêtements féminins ? ces dames
auraient l'habitude de renouveler la garde-robe!
Pascal Grenier, responsable
du Groupe de simplicité volontaire de Québec, remarque d'ailleurs que sa
conjointe ne peine pas à s'habiller à 80 % ou 90 % dans la filière de
l'usagé. «Il y a un choix beaucoup plus grand que dans les magasins de neuf.
C'est beaucoup, beaucoup plus diversifié.»
«Ce ne sont pas des
vêtements des années 1970», enchaîne-t-il. Les friperies reçoivent tellement
de vêtements qu'elles ne conserveraient que les plus beaux morceaux.
Dans l'espoir de faire
tomber des réticences, Pascal Grenier en remet : «Quand on achète usagé dans
une friperie, on se trouve à acheter local!» Même si le vêtement est
confectionné en Chine, 100 % des revenus de l'usagé sont injectés au Québec.
«Il ne faut pas avoir honte d'aller là. Ça aide l'organisme en plus de
protéger l'environnement.»
Ras-le-bol
Le ras-le-bol de la
directrice de la Ressourcerie de Lac-Saint-Charles est palpable... même au
bout du fil téléphonique.
Diane Laberge patauge
pour maintenir à flot son «entreprise» de récupération; elle ne dispose pas
de beaucoup de temps pour discourir avec la presse. Elle profite néanmoins de
la tribune pour darder les municipalités : les ressourceries et autres
récupérateurs libèrent les sites d'enfouissement de tonnes de matières,
lance-t-elle; pourtant les mairies ne les subventionneraient pas
suffisamment, voire pas du tout.
Elle s'offre en exemple
: «Ça fait 14 ans qu'on existe et on n'a pas d'entente avec la Ville pour la
collecte. Il n'y a pas de reconnaissance.»
Trop chers, les
vêtements...
Les vêtements neufs ne
valent pas le prix payé, clame Andréanne Leclerc-Marceau, agente
d'information et de logistique en commerce équitable chez Équiterre.
Nécessairement, les
travailleurs dans toute la chaîne de production sont exploités, selon elle.
Pour un gilet, par exemple, il faut rémunérer les producteurs de coton, les
transformateurs fabriquant le fil puis le tissu, les travailleurs le
nettoyant, puis les couturiers. Ensuite, le vêtement voyage en bateau, en
camion, pour finalement être vendu. «C'est sûr que ce vêtement ne vaut pas 10
$».
Guide
l'acheteur
Des exemples de prix à
la friperie Boomerang, boul. de l'Ormière:
>> Souliers pour enfant : 3 $ à 5 $
>> Bottes pour adulte : 9 $
>> Pantalon : 5 $ à 7 $
>> Chandail : 4 $ à 5 $
>> Chemise : 4 $ à 5 $
>> Vêtements pour bébé : 1 $ à 5 $
>> Manteau d'un magasin de luxe : 25 $
Sur le Web
>> Le guide Achetez usagé! : www.reduiremesdechets.com
>> Adresses de récupérateurs et de recycleurs
:dans la section «Répertoires» de www.recyc-quebec.gouv.qc.ca
>> Guide du vêtement responsable, Équiterre : www.equiterre.org/equitable/guide-vr.php
----------------------
12. Vivre selon ses besoins
plutôt que selon ses moyens
Publié le 26 décembre 2008 sur Cyberpresse et Le Soleil
Publié le 17 décembre dans le Droit sous les titre : Crise
financière et simplicité volontaire
La crise
financière est à nos portes. Nos gouvernements s'y préparent à Québec comme à
Ottawa. Le Réseau québécois pour la simplicité volontaire (RQSV) et le Groupe
de simplicité volontaire de Québec (GSVQ) croient que l'approche de la
réduction de la consommation, qu'ils proposent depuis des années, est valide
plus que jamais, et ce, même en temps de crise. Selon les simplicitaires,
c'est l'occasion d'effectuer des changements sociaux et économiques profonds
plutôt que cosmétiques. Lorsque les adeptes de la simplicité volontaire
avancent l'idée de la réduction de la consommation pour accroître la qualité
de vie, plusieurs argumentent que ça va nuire à l'économie. Ne faut-il pas
consommer pour faire rouler l'économie dit l'adage populaire ?
Au contraire, les faits
récents nous montrent que c'est en grande partie, la surconsommation, voire
l'hyperconsommation, associée à l'endettement excessif, qui a créé la crise
financière mondiale? Traditionnellement, les gouvernements stimulent la
consommation en période de récession. Si on fait de même cette fois, ne
va-t-on pas nourrir la cause de la crise financière ?
Les simplicitaires
proposent plutôt d'accepter une certaine réduction de la consommation, parce
que nous vivons dans une société de surconsommation qui n'est pas viable.
Cette décroissance pourrait être modulée par une augmentation du commerce
non-matériel ou moins matériel, comme celui des services, de la culture, du
savoir, de la relation d'aide, de la croissance personnelle, etc. Les effets
négatifs de la récession pourraient ainsi être amoindris, tout en minimisant
les impacts sur l'environnement.
De plus, les
simplicitaires peuvent offrir des modèles alternatifs à celui de la
surconsommation qui règne sur nos sociétés, car ceux-ci en font l'expérience
au quotidien.
- Vivre selon ses besoins plutôt que selon ses moyens ;
- Avoir un logement et une auto (si nécessaire)
dimensionnées selon ses vrais besoins ;
- Se rapprocher de son lieu de travail pour réduire les
déplacements ;
- Augmenter la longévité des objets en les réparant et
apprêter ses aliments soi-même ;
- Adopter des modes de transport écologiques
(covoiturage, transport en commun, location court terme, vélo, marche ;
- Etc. (mille et une autres solutions). Et peut-être plus
important, de faire tout cela non dans un esprit de sacrifice ou avec un
sentiment de manque, mais dans la reconnaissance qu'une fois les anciennes
habitudes brisées, ces alternatifs apportent, le plus souvent, une grande
libération, la fierté et un mieux-être profond.
Aussi, un meilleur
partage de la richesse, ce qui est au coeur de la philosophie de la
simplicité volontaire, peut aider à résoudre les problèmes qu'accentuera la
récession. En effet, il ne manque pas de richesse financière au Québec, même
si les principaux partis politiques promettent toujours d'en créer plus,
c'est sa répartition qui n'est pas suffisamment équitable.
La crise économique est
intimement liée à l'environnement. Puisque la planète nous montre de plus en
plus, que les limites de son exploitation et de sa pollution sont atteintes,
une réduction de l'exploitation des ressources et de l'énergie, une diminution
du transport et de la consommation en général, sont de bonnes nouvelles sur
le plan écologique.
Finalement, il apparaît
donc qu'une migration de mentalité et d'attitudes vers la simplicité
volontaire pourrait être d'un secours précieux, non seulement dans le cadre
de la présente crise économique, mais également pour amoindrir et traverser
la crise écologique, beaucoup plus sérieuse, qui pourrait très bien suivre
les présentes difficultés financières.
Pascal
Grenier,
Groupe de simplicité volontaire de Québe
13. La crise financière et la simplicité volontaire
Version plus étoffée du précédent. Par Louis
Chauvin et Pascal Grenier.
Envoyé au Devoir, dec2008
La
crise financière est à nos portes. Nos gouvernements s’y préparent à Québec
comme à Ottawa. On s'évertue à trouver toutes sortes de raisons pour
expliquer cette crise, et elle est, en effet, très complexe. Cependant, les
faits récents nous révèlent que c’est en grande partie la surconsommation,
voire l’hyperconsommation, associée à l’endettement excessif, qui a créé
cette situation critique mondiale.
Diminution
de la consommation
Selon
les simplicitaires, l’occasion est favorable pour effectuer des changements
sociaux et économiques profonds plutôt que cosmétiques. En effet, le Réseau
québécois pour la simplicité volontaire (RQSV) et le Groupe de simplicité
volontaire de Québec (GSVQ) croient que l’approche de la réduction de la
consommation, qu’ils proposent depuis des années, est valide plus que jamais,
et ce, même en temps de crise. Lorsque les adeptes de la simplicité
volontaire avançaient l’idée de la réduction de la consommation, plusieurs
argumentaient que cela allait nuire à l’économie. Ne faut-il pas consommer
pour faire rouler l’économie, dit l’adage populaire?
Or, aujourd’hui on constate, que
consommer à l’excès, comme l’on fait les étatsuniens depuis plusieurs années,
a menés au bord de la faillite économique des millions de personnes et
fragilisé le pays tout entier et même plus. Par opposition, une vie de
simplicitaire avec une consommation raisonnable, satisfaisant les besoins
essentiels et un peu plus, est la meilleure assurance d’un équilibre
financier à long terme pour les individus et les pays.
Plusieurs ont peur de la
simplicité volontaire, craignant les privations extrêmes et la pauvreté. Or,
pourquoi ne pas profiter de la situation actuelle pour démontrer, comme le
révèle la majorité des études, que les gens qui simplifient leur vie
matérielle volontairement, tout en s'occupant plus de l'immatériel comme le
développement personnel, les relations interpersonnelles et la spiritualité
ne s'en portent que mieux physiquement et psychologiquement.
Dégénérescence
environnementale
Par le passé, l'économie misait
sur l'illusion d'un monde aux ressources illimitées et d'une capacité
d'absorber tous les déchets que pouvait produire l'humanité. Nous avons donc
développé un système basé sur la croissance continue et l'obsolescence
planifiée, le tout supporté et encouragé par l'industrie de la publicité et
du marketing qui s'acharne, par tous les moyens possibles, à nous convaincre
que nous serons plus heureux en consommant toujours davantage.
Or cette idéologie de
surconsommation est la base de la dégénérescence environnementale. Ceci, ni
le milieu des affaires, ni les gouvernements et ni les groupes
environnementaux ne l’ont reconnu explicitement. Puisque la planète nous
montre de plus en plus que les limites de son exploitation et de sa pollution
sont atteintes, une réduction de l’exploitation des ressources et de
l’énergie ainsi qu’une diminution du
transport et de la consommation en général, conséquences de la présente
crise, sont de bonnes nouvelles sur le plan écologique.
Traditionnellement, les gouvernements tentent de stimuler la
consommation en période de récession. Si on fait de même cette fois, ne
va-t-on pas nourrir la cause de cette crise? N'est-il pas de plus en plus
clair aussi que l'option consommation en croissance constante mène à un
cul-de-sac écologique en plus d’économique. Ne serait-il pas temps que les
gouvernements, des trois niveaux, s’orientent de façon énergique vers des
actions prenant partie carrément pour la protection de l’environnement,
plutôt que de favoriser le monde économique? Attendrons-nous une situation
irréversible avant d’agir?
Croissance modulée et emplois
Comme
exprimés dans les paragraphes qui précèdent, les simplicitaires proposent
d’accepter, voire d'accueillir, une certaine réduction de la consommation.
Afin de minimiser les effets négatifs qui pourraient survenir, cette
décroissance pourrait être modulée par une augmentation du commerce
non-matériel ou moins matériel, qui a peu d’effets délétères sur
l’environnement. Ce type de commerce comprend celui des services, de la
culture, du savoir, de la relation d’aide, de la croissance personnelle, etc.
De plus, les gouvernements
pourraient favoriser la mise en place d’activités économiques dans les
domaines du réemploi, du recyclage, de la transformation des matériaux
récupérés et du compostage. Il serait possible aussi que nos dirigeants
exigent des fabricants que les produits de consommation soient plus durables
et réparables. Les réparations diverses procureraient du travail à de
nombreuses personnes. D’autres emplois pourraient aussi être créés pour
désintoxiquer la planète plutôt que d'essayer de récupérer des emplois dans
le secteur de l'automobile, un des éléments les plus nocifs pour la santé des
écosystèmes et des humains.
La vie
simple au quotidien
Les simplicitaires peuvent
offrir des modèles alternatifs à celui de la surconsommation qui règne sur
nos sociétés et aussi aider beaucoup de gens en période de récession, car
ceux-ci font depuis longtemps l’expérience de la vie simple au quotidien.
Voici quelques exemples :
· Vivre selon ses besoins
plutôt que selon ses moyens;
· Avoir un logement et une
auto (si nécessaire) dimensionnés selon ses vrais besoins;
· Augmenter la longévité
des objets en les réparant;
· Apprêter ses
aliments soi-même et réduire sa consommation de viande;
· Troquer, louer,
emprunter ou acheter usagé;
· Se rapprocher de son
lieu de travail pour réduire les déplacements;
· Adopter des modes de
transport écologique;
· Favoriser la mise en
commun : cuisines collectives, garderies, bibliothèques, piscines et
joujouthèques publiques, etc.
· Etc. (mille et une
autres solutions).
Et peut-être plus
important, de faire tout cela non dans un esprit de sacrifice ou avec un
sentiment de manque, mais dans la reconnaissance qu’une fois les anciennes
habitudes brisées, ces alternatifs apportent, le plus souvent, une grande
libération, la fierté et un mieux-être profond. En effet, il y a beaucoup de
satisfaction voire de bonheur à être cohérent entre ses valeurs et ses
actions.
Le partage
de la richesse
Pour
aider dans le cadre de la présente crise économique, les simplicitaires, en plus
de proposer la réduction de la consommation, font la promotion d’un meilleur
partage de la richesse. En effet, une diminution des écarts entre riches et
pauvres réduit la criminalité, la délinquance, la jalousie et l’envie. Mais
ce qui est encore plus important, les fréquents comportements ostentatoires
des gens riches, créent une spirale ascendante de consommation
entraînant des gens de classes
sociales inférieures qui aspirent à « monter », ce qui donne des
résultats catastrophique pour l’environnement.
Il apparaît donc qu’une
migration de mentalités et d’attitudes vers la simplicité volontaire, tant
dans nos vies privées, dans nos processus commerciaux que dans
l’administration gouvernementale pourrait être d’un secours précieux dans le
cadre de la présente crise économique. De surcroît, elle pourrait de plus
nous aider à traverser la crise écologique, beaucoup plus sérieuse, qui
pourrait très bien suivre les présentes difficultés financières.
Pascal Grenier
Président, Groupe de simplicité volontaire de
Québec
(418) 660-3550 Québec
Louis Chauvin
Président, Réseau québécois pour la simplicité
volontaire
(514) 937-3159 Montréal